Vous avez peut-être peur de ce que Dieu pense de vous. Jésus est venu vous montrer son visage.
« Papa, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. »
Jean-Robert répéta la phrase. Puis encore. Il la répéta dans l'avion depuis Boston. Il la répéta dans le tap-tap depuis Port-au-Prince. Il la murmura à l'arrière d'un taxi-moto qui sautait sur la route des Cayes.
Il avait vingt-huit ans. Il n'avait pas vu son père depuis onze ans.
À dix-sept ans, après une grosse dispute, il avait ouvert la vieille boîte à biscuits où Papa Élie, maçon, gardait l'argent du toit. Il avait tout pris. Il était parti avant le lever du soleil, et n'avait jamais appelé. Pas une seule fois.
Et voilà que sa sœur lui avait envoyé un court message : « Papa demande de tes nouvelles chaque dimanche. » Jean-Robert ne savait pas quoi en penser. Papa était-il encore fâché ? Voulait-il son argent ? Allait-il seulement ouvrir le portail ?
La moto tourna sur le chemin de terre. Tout au bout, devant le portail de la petite maison, Jean-Robert vit un homme aux cheveux gris se lever de sa chaise.
Que s'est-il passé ensuite ? Gardez cette question. Car il y en a une plus grande en dessous — une question que chacun de nous porte : quand je reviens vers Dieu, quel Père vais-je trouver ?
Fermez les yeux un instant et imaginez Dieu. Que voyez-vous ?
Beaucoup voient un juge sévère avec une longue liste. D'autres voient un patron trop occupé pour eux. Certains voient leur propre père — et pour certains d'entre nous, cette image fait mal. Un père qui buvait. Un père qui est parti. Un père qui ne parlait que pour crier.
Un soir, un disciple nommé Philippe a dit tout haut ce que beaucoup ressentent :
Vous voulez savoir comment est le Père ? Regardez Jésus. Regardez-le toucher les malades. Regardez-le prendre les enfants sur ses genoux. Regardez-le pleurer devant la tombe d'un ami. Jésus dit : voilà comment est mon Père.
Certains pensent que les choses se passent ainsi : le Père est fâché, et Jésus doit le supplier d'être bon envers nous. Jésus a dit le contraire :
Lisez lentement : « le Père lui-même ». Pas seulement Jésus. Pas seulement le Saint-Esprit. Le Père lui-même.
Et le verset le plus connu de la Bible dit où le plan du salut a commencé :
Qui a donné ? Le Père. La croix n'a pas été Jésus faisant changer d'avis le Père. La croix, c'est le Père et le Fils qui donnent ensemble — parce qu'ils vous aiment.
Le Père n'est pas le problème que Jésus serait venu régler. Le Père est Celui qui l'a envoyé.
La Bible ne dit pas seulement que Dieu est aimant, comme une personne est gentille certains jours. Elle dit quelque chose de plus profond :
L'amour n'est pas une humeur de Dieu. C'est ce qu'il est. Et Jean ajoute quelque chose de merveilleux : « cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés » (1 Jean 4:10). Il n'a pas attendu que vous l'aimiez d'abord. C'est lui qui a commencé.
Voilà pourquoi Jean pouvait écrire, émerveillé : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes » (1 Jean 3:1). Des fils et des filles. Pas des serviteurs. Pas des visiteurs. Des enfants.
Il y a très longtemps, Moïse a demandé à voir la gloire de Dieu. Dieu lui a répondu en proclamant son nom — qui il est vraiment :
Miséricordieux. Compatissant. Lent à la colère. Riche en bonté et en fidélité. Quand Dieu se décrit lui-même, ce sont les premiers mots qu'il choisit.
Et il ne change pas. Jacques l'appelle « le Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation » (Jacques 1:17). Les gens ont de bons et de mauvais jours. Le Père, non.
Jésus savait que beaucoup de pères échouent. Alors il a dit ceci :
Pensez au père le plus bon que vous ayez connu. Et maintenant, écoutez Jésus dire : à combien plus forte raison.
Et si votre propre père vous a blessé ou abandonné, Dieu vous parle très doucement. Il prend l'amour le plus fort que nous connaissions sur terre — une mère avec son bébé — et dit que son amour est plus fort encore : « Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ?… Quand elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierai point » (Ésaïe 49:15). Le Père céleste n'est pas une copie du père que vous avez eu. Il est le Père dont vous avez toujours eu besoin.
L'Église adventiste du septième jour résume ainsi l'enseignement biblique : Dieu le Père éternel est le Créateur, la Source, le Soutien et le Souverain de toute la création, et l'amour et la puissance que nous voyons dans le Fils et le Saint-Esprit sont aussi ceux du Père (croyance fondamentale n° 3).
Nous arrivons maintenant à l'histoire que Jésus a racontée — peut-être la plus aimée de toutes. Un jeune homme a demandé sa part d'héritage, est parti pour un pays éloigné, et a tout dissipé (Luc 15:11-13). Affamé, seul, gardant des pourceaux, il a fait un plan. Il a même préparé un petit discours dans sa tête : « Mon père, j'ai péché… traite-moi comme l'un de tes mercenaires » (Luc 15:18-19).
Puis il s'est mis en route. Regardez ce que fait le père :
Le fils marchait. Le père, lui, a couru.
Regardez les mots. « Encore loin » — le père l'a vu de très loin. Cela veut dire qu'il surveillait la route. « Ému de compassion » — son cœur s'est ouvert. « Se jeter à son cou et le baisa » — avant que le fils soit lavé, avant qu'il ait dit un mot.
Le fils a commencé son discours. Mais le père ne l'a pas laissé arriver à la phrase sur les mercenaires. Il a appelé : apportez la plus belle robe, un anneau pour son doigt, des souliers pour ses pieds. « Car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Luc 15:22-24).
Jésus a raconté cette histoire pour nous montrer le Père. Pas un père qui attend les bras croisés. Un Père qui court.
Alors, que s'est-il passé sur ce chemin de terre près des Cayes ?
L'homme aux cheveux gris, au portail, c'était Papa Élie. Il avait soixante-dix ans maintenant, un genou malade et une canne. Mais quand il a vu qui était à l'arrière de cette moto, il a lâché sa canne et s'est élancé sur la route — mi-marchant, mi-courant, ses vieilles sandales claquant dans la poussière.
Jean-Robert a sauté de la moto. « Papa, je ne suis plus digne… »
Il n'a jamais fini. Papa Élie a pris le visage de son fils dans ses deux mains rugueuses et l'a serré contre lui, là, au milieu de la route, devant les voisins. Il pleurait. Il répétait un seul mot : « Pitit mwen. Pitit mwen. » Mon enfant. Mon enfant.
Ce soir-là, Jean-Robert a essayé encore. « Papa, l'argent de la boîte… »
Le vieil homme a secoué la tête. « J'ai réparé le toit depuis longtemps. Chaque dimanche, je m'asseyais à ce portail, et je ne demandais à Dieu qu'une seule chose : te voir descendre cette route avant de mourir. » Puis il a souri. « Ta chambre est toujours là. Je ne l'ai jamais donnée à personne. »
Si un père terrestre avec un genou malade peut courir ainsi — à combien plus forte raison votre Père céleste ? Vous n'avez pas besoin d'un discours parfait. Il suffit de prendre le chemin du retour. Il court déjà vers vous.
Avez-vous eu peur de Dieu ? Êtes-vous resté loin parce que vous pensez qu'il est fâché, ou parce que vous avez honte de ce que vous avez fait ?
Le Père surveille la route pour vous. Jésus est venu vous montrer son visage. Ce serait un honneur pour nous de prier avec vous, d'ouvrir la Bible avec vous et de marcher avec vous sur le chemin du retour — tel que vous êtes, sans discours à préparer.
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Ne manquez pas la suite. Beaucoup d'entre nous ont grandi dans la peur — des malédictions, des esprits, de ce que quelqu'un pourrait « envoyer » contre nous. La Bible dit : « celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4:4). Notre prochaine étude : « Grandir en Christ : libre de la peur ». Abonnez-vous maintenant pour la recevoir dès sa sortie. Si vous attendez, vous devrez venir la chercher. 🔔
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Le Père qui court vers vous — version de poche
| Mythe | Réalité (avec la Bible) |
|---|---|
| 1. Le Père est dur ; seul Jésus est bon. | Jésus a dit : « Celui qui m'a vu a vu le Père » (Jean 14:9). La bonté de Jésus montre le cœur du Père. |
| 2. Jésus a dû convaincre le Père de nous aimer. | « Car le Père lui-même vous aime » (Jean 16:27). « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jean 3:16) — c'est le Père qui a donné. |
| 3. Dieu ne m'aime qu'après que je commence à l'aimer. | « Cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés » (1 Jean 4:10). |
| 4. Je dois mettre ma vie en ordre avant de pouvoir revenir à Dieu. | « Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut » (Luc 15:20). « Lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5:8). |
| 5. Si mon père terrestre m'a déçu, Dieu me décevra aussi. | « À combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses » (Matthieu 7:11). « Quand elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierai point » (Ésaïe 49:15). |
| 6. Dieu se fâche vite et il est difficile à satisfaire. | Dieu se nomme lui-même « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité » (Exode 34:6). |
| 7. L'amour de Dieu change selon son humeur, comme celui des gens. | Il est « le Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation » (Jacques 1:17). |
| 8. Si Dieu est amour, le péché lui est égal. | Le fils de retour a confessé : « j'ai péché contre le ciel et contre toi » (Luc 15:21), et Dieu a envoyé son Fils « comme victime expiatoire pour nos péchés » (1 Jean 4:10). L'amour règle le péché — à un prix immense — et nous ramène à la maison. |
| 9. Appeler Dieu « Père » n'est qu'une image ; il n'est pas une personne proche. | Jésus nous a appris à prier : « Notre Père qui es aux cieux » (Matthieu 6:9), et « voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu » (1 Jean 3:1). |
| 10. Puisque Dieu est si bon, je peux rester « au pays éloigné » et revenir quand je veux. | La joie du père était pour un fils qui « se leva, et alla vers son père » (Luc 15:20) ; « il était perdu, et il est retrouvé » (Luc 15:24). L'amour nous invite à revenir maintenant, pas un jour. |
Cette étude repose sur la Bible et reflète les croyances publiées de l'Église adventiste du septième jour. Vérifiez tout par vous-même :
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