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Ministère du Pasteur Clément Salomon · Dévotion nº4

Un cœur reconnaissant

Dix ont été guéris. Un seul est revenu. Soyez celui-là.

Mèt Joseph a été instituteur dans un petit village au-dessus de Jacmel pendant quarante et un ans. Il a appris à lire à des enfants à la lueur d'une lampe. Il payait les crayons avec son maigre salaire. Certains de ses élèves sont devenus infirmières, pasteurs, ingénieurs, professeurs.

Quand il a pris sa retraite, sa petite-fille a trouvé une vieille boîte à chaussures sous son lit. Dedans, il y avait des lettres. Elle les a comptées. Neuf.

Neuf lettres de remerciement en quarante et un ans.

« Grand-père, a-t-elle dit doucement, ça ne te rend pas triste ? »

Il a souri et a pris la plus usée, le papier doux comme du tissu. « Triste ? Non, pitit. Celle-ci, je l'ai lue cent fois. Les jours où je voulais tout abandonner, c'est elle qui m'a fait tenir. » Puis il a dit une phrase qu'elle n'a jamais oubliée : « Merci est un petit mot. Mais il marche loin. »

Un jour, Jésus a guéri dix hommes en un seul après-midi. Un seul est revenu. Et ce que Jésus a dit ensuite nous révèle quelque chose de surprenant sur le cœur de Dieu.

Dix ont crié. Dix ont été guéris.

C'étaient des lépreux. À cette époque, cela voulait dire une maladie lente et une vie de solitude. Ils devaient vivre hors du village et se tenir loin de tout le monde, même de leur propre famille. Alors, quand Jésus est passé, ils se sont tenus à distance et ont crié :

« Jésus, maître, aie pitié de nous ! »Luc 17:13 (Louis Segond)

Cette fois, Jésus ne les a pas touchés. Il leur a simplement dit d'aller se montrer aux sacrificateurs, ceux qui pouvaient les déclarer purs. Et la Bible dit : « pendant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent guéris » (Luc 17:14). Quelque part sur cette route poussiéreuse, dix hommes ont regardé leurs mains — et la peau était neuve.

Imaginez les cris de joie. Imaginez-les courir vers la maison.

Un seul a fait demi-tour

« L'un d'eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix. Il tomba sur sa face aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces. C'était un Samaritain. »Luc 17:15-16 (Louis Segond)

Un seul. Et c'était l'étranger — un Samaritain, celui dont on attendait le moins qu'il connaisse Dieu. Il n'est pas d'abord rentré chez lui. Il est d'abord revenu.

Alors Jésus a posé des questions qui résonnent encore aujourd'hui :

« Les dix n'ont-ils pas été guéris ? Et les neuf autres, où sont-ils ? Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu ? »Luc 17:17-18 (Louis Segond)

Jésus a remarqué. Il a compté. Cela comptait pour lui. Non pas parce que Dieu a besoin de nos compliments — mais parce qu'il nous veut, nous, et pas seulement nos demandes.

Et écoutez ce que Jésus a dit à celui qui est revenu : « Lève-toi, va ; ta foi t'a sauvé » (Luc 17:19). Les dix ont eu une peau guérie. Celui qui est revenu est reparti avec quelque chose de plus — une rencontre face à face avec Celui qui guérit. Les neuf ont reçu un cadeau. Le dixième a reçu Celui qui donne.

Une parole douce : ce récit parle de reconnaissance ; il ne promet pas que toute maladie sera guérie aujourd'hui. Dieu entend chaque prière. Nous prions, nous lui faisons confiance, et nous recevons aussi de bons soins médicaux. La guérison complète de tout ce qui est brisé est promise au retour de Jésus.

Pourquoi nous oublions

Soyons honnêtes : la plupart d'entre nous sont les neuf. Nous prions de toutes nos forces quand nous sommes désespérés. Puis la réponse arrive — le travail, le visa, le résultat d'examen, l'enfant rentré sain et sauf — et nous repartons dans nos vies. Nous ne voulions pas oublier. Nous avons oublié, c'est tout.

Le roi David se connaissait bien. Alors il a prêché un petit sermon à sa propre âme :

« Mon âme, bénis l'Éternel, et n'oublie aucun de ses bienfaits ! »Psaume 103:2 (Louis Segond)

N'oublie pas. Puis David commence une liste : il pardonne toutes tes iniquités, il délivre ta vie de la fosse, il te couronne de bonté et de miséricorde (Psaume 103:3-4). La reconnaissance commence souvent ainsi — en se souvenant exprès.

« En toutes choses » — pas « faire semblant que tout va bien »

Voici un verset que beaucoup comprennent mal :

« Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. »1 Thessaloniciens 5:16-18 (Louis Segond)

Remarquez : en toutes choses. Pas « faire semblant que le mal est bien ». Dieu ne vous demande pas de le remercier pour le cancer, l'injustice ou le tremblement de terre. Le mal n'est pas son cadeau. Mais même au cœur de la journée la plus dure, il y a toujours quelque chose qu'il est encore en train de faire, et Quelqu'un qui est encore avec vous.

Le prophète Habacuc a écrit l'une des lettres de remerciement les plus courageuses de la Bible. Les récoltes avaient échoué. Les troupeaux avaient disparu. Et pourtant il a dit :

« Car le figuier ne fleurira pas, la vigne ne produira rien… Toutefois, je veux me réjouir en l'Éternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. »Habacuc 3:17-18 (Louis Segond)

Voilà ce qu'est vraiment l'action de grâces : nommer ce que Dieu a déjà fait pendant que nous attendons encore ce qu'il a promis. Paul dit même que nous pouvons rendre « continuellement grâces pour toutes choses » (Éphésiens 5:20) — non pas parce que chaque événement est bon, mais parce que Dieu est bon, et qu'il agit en toutes choses pour le bien de ceux qui l'aiment (Romains 8:28).

Un cœur reconnaissant a une sentinelle à sa porte

L'inquiétude fait du bruit. Elle vous réveille à 3 heures du matin et répète sans arrêt les mêmes mauvaises nouvelles. Dieu donne une autre façon de porter ces peurs :

« Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. »Philippiens 4:6-7 (Louis Segond)

Regardez la recette : apportez votre demande — avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu gardera votre cœur. Le mot évoque une sentinelle à la porte de la ville. Paul dit la même chose aux Colossiens :

« Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants. »Colossiens 3:15 (Louis Segond)

La paix et la reconnaissance marchent ensemble. Dieu ne promet pas que chaque demande sera exaucée comme nous le voulons. Il promet quelque chose de plus solide : sa paix, qui monte la garde autour d'un cœur reconnaissant.

L'action de grâces, porte d'entrée de l'adoration

Le Psaume 100 est comme une carte d'invitation à la maison de Dieu. Et il vous dit comment entrer :

« Entrez dans ses portes avec des louanges, dans ses parvis avec des cantiques ! Célébrez-le, bénissez son nom ! Car l'Éternel est bon ; sa bonté dure toujours, et sa fidélité de génération en génération. »Psaume 100:4-5 (Louis Segond)

Nous n'entrons pas avec une liste de plaintes. Nous entrons en disant merci. Pas pour faire semblant, mais parce que c'est vrai : l'Éternel est bon. Sa bonté ne s'est pas épuisée hier, et elle ne s'épuisera pas demain.

Paul en fait une habitude de chaque jour : « Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père » (Colossiens 3:17). Faire la vaisselle. Aller au travail. Attendre à l'hôpital. Chaque lieu peut devenir un lieu de reconnaissance.

Le don derrière tous les dons

Pourquoi un chrétien peut-il toujours trouver une raison de dire merci ? Parce que le plus grand don est déjà donné, et que rien ne peut le reprendre :

« Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable ! »2 Corinthiens 9:15 (Louis Segond)

Jésus. Le don de Dieu, trop grand pour les mots. Il est venu, il a vécu pour nous, il est mort pour nous, il est ressuscité, et il revient. Dans vos meilleurs jours, il est une raison suffisante de dire merci. Dans vos pires jours, il suffit encore.

Essayez ceci : soyez celui qui revient

Voici une pratique simple pour les sept prochains jours :

Daniel l'a fait en pleine crise. Sachant que la prière pouvait lui coûter la vie, il s'est quand même mis à genoux trois fois par jour, « il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant » (Daniel 6:10). Pour lui, la reconnaissance n'était pas une humeur. C'était une habitude — et elle l'a tenu debout.

Le cœur du message : le mot qui marche loin

La boîte de Mèt Joseph ne contenait que neuf lettres. Mais l'une d'elles a empêché un instituteur fatigué d'abandonner. « Merci » a marché loin.

Jésus compte encore ceux qui reviennent — non pour faire honte aux neuf, mais parce qu'il désire une relation, pas seulement une transaction. Vous n'avez pas besoin d'être assez bon, assez religieux, ou la « bonne » personne. Celui qui est revenu était un étranger. Il a simplement fait demi-tour.

Alors faites demi-tour aujourd'hui. Tombez à ses pieds, ne serait-ce que dans votre cœur, et dites-le : Merci, Jésus. C'est un petit mot. Mais il marche jusqu'au trône de Dieu.

Avant de fermer cette page — une question

Quand êtes-vous revenu pour la dernière fois dire merci à Dieu ? Ou la vie est-elle si lourde en ce moment que la reconnaissance vous semble impossible ?

Vous n'avez pas à porter cela seul. Ce serait un honneur de prier avec vous, d'étudier la Bible avec vous, ou de marcher avec vous pendant que vous apprenez à connaître le Jésus qui a remarqué celui qui est revenu — et qui vous remarque, vous.

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Que devrions-nous étudier ensuite ? Cette dévotion termine la série actuelle — et le prochain sujet viendra de ce que vous demandez. Commentez, écrivez-nous ou envoyez-nous la question biblique à laquelle vous voulez le plus une réponse, et guettez-la dans la bibliothèque gratuite sur pasteurclementsalomon.org. Abonnez-vous maintenant pour la recevoir le jour de sa sortie — si vous attendez, il faudra aller la chercher. 🔔

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Fiche du participant

Un cœur reconnaissant — version de poche

5 vérités à retenir

  1. Jésus a remarqué celui qui est revenu — Dieu tient à ce que nous revenions le remercier (Luc 17:15-18).
  2. Les neuf ont reçu un cadeau ; celui qui est revenu a reçu Celui qui donne : « ta foi t'a sauvé » (Luc 17:19).
  3. Nous rendons grâces en toutes choses — sans prétendre que le mal est bien, mais en faisant confiance à Dieu dans chaque situation (1 Thessaloniciens 5:18 ; Habacuc 3:17-18).
  4. La prière avec actions de grâces ouvre la porte à la paix de Dieu, qui garde nos cœurs (Philippiens 4:6-7 ; Colossiens 3:15).
  5. Jésus lui-même est le « don ineffable » de Dieu — une raison de dire merci chaque jour de notre vie (2 Corinthiens 9:15).

Verset à mémoriser

« Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. »1 Thessaloniciens 5:18 (Louis Segond)

Réfléchir & prier

Pour enseignants & petits groupes

Feuille du présentateur

Fondé sur des preuves · Vérifié

10 mythes et réalités

MytheRéalité (avec la Bible)
1. Être reconnaissant, c'est faire semblant que tout va bien.Habacuc s'est réjoui en Dieu alors que les récoltes manquaient (Habacuc 3:17-18), et Jésus lui-même a pleuré au tombeau d'un ami (Jean 11:35).
2. Il faut remercier Dieu pour le mal qui arrive.Nous rendons grâces « en toutes choses » (1 Thessaloniciens 5:18). Tout don parfait vient de Dieu (Jacques 1:17) ; il fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment (Romains 8:28).
3. Dieu ne remarque pas si nous le remercions.Jésus a demandé : « Les dix n'ont-ils pas été guéris ? Et les neuf autres, où sont-ils ? » (Luc 17:17).
4. On ne peut être reconnaissant que dans l'abondance.Paul écrit : « j'ai appris à être content de l'état où je me trouve » (Philippiens 4:11-12).
5. L'action de grâces, c'est pour une fête par an.« Rendez continuellement grâces pour toutes choses » (Éphésiens 5:20) ; Daniel rendait grâces trois fois par jour (Daniel 6:10).
6. Il faut attendre de se sentir reconnaissant.« Soyez reconnaissants » est une invitation à choisir (Colossiens 3:15) ; David a dit à sa propre âme : « n'oublie aucun de ses bienfaits » (Psaume 103:2).
7. Remercier Dieu nous fait mériter ses bénédictions ou le salut.Le salut est un don « par la grâce… par le moyen de la foi… Ce n'est point par les œuvres » (Éphésiens 2:8-9) ; nous remercions parce qu'il a déjà donné (2 Corinthiens 9:15).
8. Se plaindre, ce n'est pas grave.« Faites toutes choses sans murmures ni hésitations » (Philippiens 2:14) ; voir les murmures d'Israël au désert (1 Corinthiens 10:10).
9. Prier avec reconnaissance garantit que j'obtiens exactement ce que je demande.La promesse, c'est la paix de Dieu qui garde nos cœurs (Philippiens 4:6-7) ; Jésus lui-même a prié : « que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Luc 22:42).
10. Seules les « bonnes personnes religieuses » peuvent revenir à Jésus.Celui qui est revenu était un Samaritain, un « étranger » (Luc 17:16-18) ; « quiconque croit en lui » est le bienvenu (Jean 3:16).

D'où cela vient (Sources)

Cette dévotion est fondée sur la Bible et reflète les croyances publiées de l'Église adventiste du septième jour. Vérifiez tout par vous-même :

Ministère du Pasteur Clément Salomon — Proclamer Jésus jusqu'à son retour.
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